Notre pays vit actuellement une situation économique à la fois paradoxale et incompréhensible. La reprise est là, plus vigoureuse que ce que les experts attendaient, et le taux de chômage est revenu à son niveau le plus bas depuis douze ans. Pour autant, les employeurs peinent à pourvoir les emplois vacants, mais aussi à trouver des salariés qui correspondent à leurs besoins.

La pharmacie est une des branches en tête de la pénurie de main d’œuvre.

L’offre et la demande ne sont plus en adéquation. Nous constatons une pénurie de personnel qualifié (pharmacien(ne)s et préparateurs/trices en pharmacie). Les candidat(e)s, au fil des années, revoient leurs aspirations à la hausse en favorisant leurs besoins et leur confort. Les talents veulent un sens au travail et aux efforts qu’ils mènent au quotidien. Le phénomène, déjà observé du côté des jeunes diplômé(e)s, touche tou(te)s les salarié(e)s et demandeur(e)s d’emploi.

À la rentrée 2021, 163 places n'ont pas été pourvues en deuxième année d'études de pharmacie.

Les étudiant(e)s boudent l'entrée en études de pharmacie. Pour l’année 2021/2022, 163 places sont restées vacantes, contre 67 en maïeutique, 29 en médecine et 9 en odontologie. Surprenant lorsque l'on sait que les études de santé restent extrêmement sélectives et exigeantes, y compris depuis la suppression de la PACES et l'arrivée des PASS et L.AS en 2020.

Beaucoup de préparateurs et préparatrices changent de voie au bout de plusieurs années.

Il n’existe pas ou peu de recensement des préparateurs/trices en pharmacie. Le Quotidien du pharmacien avance le nombre de 60 000 en 2019. Une population qui ne se sent globalement pas suffisamment considérée, tant d’un point de vue financier qu’au niveau de la reconnaissance du travail fourni. Certaines années les centres de formation peinent à compléter les classes faute de maîtres d’apprentissage.

En 5 ans, 1 546 pharmacien(ne)s ont disparu des pharmacies.

La population totale de pharmacien(ne)s d’officine baisse de 1546 entre 2015 et 2020. La patientèle des officines qui ont fermé durant cette période s’est naturellement répartie sur celles qui restaient, entraînant de ce fait un besoin au moins équivalent en diplôme. La population a cru de plus 600 000 personnes sur la même période avec des âges moyen et médian en augmentation. Les nouvelles missions pharmaceutiques, pour les pharmacies qui les pratiquent, réclament un surcroit de diplômes. Tout cela correspondrait à la nécesssité d'activité supplémentaire pour plus de 500 pharmacien(ne)s. Les pharmacies préférent donc embaucher des pharmacien(ne)s à la place des préparateurs/trices. Ce que nous pourrions reformuler par « Il manque au moins 2 000 pharmacien(ne)s dans les 20 000 officines. » Il existe aussi un impératif incontournable : le nombre de diplômé(e)s pharmacien(ne)s en rapport avec le chiffre d’affaires.

                          

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