La septième vague du virus déferle en France après quelques mois d’accalmie : plus de 120 000 nouveaux cas quotidiens liés à la propagation des variants BA.4 et BA.5 ; + 67 % de cas de contamination ; au 26 juin 2022, + 26,3 % pour les hospitalisations et + 7,8 % pour les admissions en soins critiques, en sept jours, selon les données de Santé publique France.  https://www.santepubliquefrance.fr/dossiers/coronavirus-covid-19/coronavirus-chiffres-cles-et-evolution-de-la-covid-19-en-france-et-dans-le-monde

Covid19 vague7

 

La barre des 100 000 tests positifs quotidiens franchie pour la toute première fois en décembre 2021 n’avait pas été dépassée depuis plus de deux mois après deux années ponctuées par les flux et reflux de la maladie. Le virus continue de muter, le génome d’Omicron contient plus de trente mutations dans la seule région qui code la protéine S ciblée par les vaccins contre le Covid-19. Le sous-lignage d’Omicron BA.1 porte la responsabilité de la vague de l’hiver dernier. Son cousin BA.5, celle de l’actuelle. Le sous-lignage BA.5 d’Omicron se développe très vite dans le nez des personnes infectées, se transmet avant que les symptômes n’apparaissent dans les deux, trois jours maximum. C’est un des facteurs de diffusion très fort de l’épidémie. Au Portugal, elle reflue trois mois après son arrivée, avec pour seule contrainte le port du masque dans les lieux clos bondés comme les transports et d’aérer. La pandémie est là pour durer. Après cette vague, il y en aura d’autres et encore d’autres.

https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/vaccins

Les anticorps donnés par une infection naturelle n’offrent pas une protection aussi efficace qu’un rappel qui prémunit des formes sévères. Les anticorps neutralisants se lient à une poignée de régions de la protéine S, prise comme cible par de nombreux vaccins contre le Covid-19. Si ces régions sont modifiées, la protection conférée s’estompe. Une baisse du taux d’anticorps neutralisants est corrélée à un risque accru d’infection symptomatique. Des gens qui ont contracté Omicron en début d’année peuvent être de nouveau infectés. Les nouveaux variants, notamment Omicron, restent très sensibles à la réponse immunitaire des lymphocytes T. Ces cellules remplissent diverses fonctions immunitaires, notamment celle de détruire les cellules infectées par le virus. En tuant les cellules infectées, les lymphocytes T « tueurs » peuvent limiter la propagation de l’infection, et potentiellement réduire le risque de forme grave de la maladie. Leur concentration ne diminue pas aussi rapidement que celle des anticorps après une infection ou la vaccination. Et comme ces cellules peuvent reconnaître beaucoup plus de régions de la protéine S que les anticorps, elles sont mieux à même de reconnaître les variants. Beaucoup de mutations ne semblent pas entamer la réponse des lymphocytes T.

 

 

Attention CoVidLe variant Omicron BA.4/BA.5, après avoir touché l’Afrique du Sud en avril-mai 2022 (pic des cas en deuxième quinzaine d’avril), et le Portugal en mai-juin 2022 (pic des cas fin mai), est devenu majoritaire à la mi-juin dans la plupart des pays d’Europe occidentale dont la France (avec une reprise plus prononcée en Ile-de-France et dans la moitié ouest du pays comparé au reste du territoire). Toutes les tranches d’âge sont concernées par cette reprise épidémique, avec une légère prédominance chez les moins de 60 ans.

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/avis_conseil_scientifique_23_juin_2022.pdf

L’histoire récente de la pandémie nous a montré comment un variant ayant un avantage de transmissibilité par rapport aux autres devient rapidement prédominant.

  • Optimisation d’Omicron par mutations successives donnant naissance à des sous-variants de mieux en mieux adaptés à l’humain,
  • Survenue d’un nouveau variant préoccupant (VOC) (infections chroniques au SARS-CoV-2 chez les personnes immunodéprimées, recombinaison, ou rétro-zoonose),

L’espoir à terme réside dans la constitution d’une immunité de plus en plus forte contre les formes graves à la faveur des rappels vaccinaux et des infections passées, qui fera que l’impact individuel et hospitalier des futures vagues épidémiques deviendra de moins en moins perceptible.

Il est souhaitable de garder des dispositifs permettant une surveillance efficace de la circulation du virus et la sécurisation des lieux les plus à risque pour les plus fragiles, tout en poursuivant une politique vaccinale dynamique (arme la plus efficace pour se protéger contre les formes graves de l’infection).

  • Maintien/réintroduction des gestes barrières auprès des plus fragiles,
  • Dispositions en matière de déplacements frontaliers en insistant sur une vision européenne du sujet,
  • Réalisation des tests de dépistage pour permettre l’isolement des personnes infectées,
  • Suivi/prise en charge des personnes fragiles.
  • Actualisation des tableaux d’entrée et de sortie hospitalières pour la COVID-19 afin de garder des indicateurs fiables sur la dynamique de l’épidémie et son retentissement hospitalier, (les données d’incidence des cas en population étant moins fiables),
  • Réalisation d’une dose de rappel vaccinal (4ème dose) chez les plus fragiles qui y sont éligibles, ou à très haut risque de formes sévères,
  • Facilité d’accès aux antiviraux (Paxlovid et anticorps monoclonaux) pour les personnes à risque de formes graves qui seraient infectées,
  • Mobilisation des professionnels de santé au sens large, publics et privés, de différentes spécialités médicales y compris les médecins de première ligne (doit s’améliorer pour la rentrée de septembre 2022).

La conservation de dispositions opérationnelles et limitées jusqu’au 31 mars 2023 semble utile au regard des évolutions prévisibles de l’épidémie, dont un possible rebond de l’épidémie au cours de l’automne ou de l’hiver prochain, le cas échéant accompagné de mutations du virus. Le Conseil scientifique COVID-19 mettra fin à ses activités le 31 juillet 2022. Le nouveau comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires doit demeurer multidisciplinaire, dialoguer durant cet été 2022 avec le Conseil scientifique. L’Assemblée Nationale devra rende rendre publics les avis que le comité de veille et d’anticipation lui transmettra. La connaissance la plus large possible du contenu des avis ou recommandations en matière de veille et d’anticipation est d’intérêt général au regard des effets recherchés dans la gestion de l’épidémie auprès de l’ensemble de la population et de ses différentes composantes, publiques et privées, et pas seulement au sein des pouvoirs publics.

 

                          

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